Le maire de Châtillon-sur-Morin (Marne) se retrouve sans mairie depuis la démolition de l’édifice en février dernier. L’ancien conseil municipal a décidé de faire raser ce bâtiment de 125 m², qualifié de « dangereux » par des experts, mais le nouvel élu conteste cette décision, arguant de l'absence d'une expertise formelle.
Regardez au loin mais ne cherchez plus le drapeau de la mairie. À Châtillon-sur-Morin, le bâtiment n'est plus qu'un souvenir, enseveli sous les gravats. Une pancarte fragile indique désormais un local loué par la municipalité où le maire reçoit les administrés. Dans ce modeste espace de 30 m², il tente de maintenir un lien avec les habitants de ce village de 200 âmes, tout en levant de nombreux défis. Le Parisien souligne que les conditions de travail sont précaires, avec un accès difficile et une limite stricte de 18 personnes lors des conseils municipaux.
Pour l’instant, Xavier Letchimy a à son actif un seul conseil municipal. La mairie ouvre une fois par semaine, mais cela s'avère insuffisant pour répondre aux besoins des Châtillonnais. L'ancien maire avait voté la démolition après avoir détecté un supposé défaut structurel, mais le nouveau maire déplore le manque de consultation et de transparence dans cette décision.
Une reconstruction devant l’église classée
Xavier Letchimy remet donc en question cette démolition, en insistant sur la valeur historique de l’édifice, qui avait autrefois servi d’école et avait résisté à la guerre. La situation est d'autant plus compliquée qu'il ne peut pas se désengager des emprunts contractés par l’ancienne équipe, qui s'élèvent à 420 000 euros pour un projet de reconstruction qui pourrait coûter jusqu'à 800 000 euros HT. « C’est disproportionné pour notre petite commune », s'emporte-t-il.
Le projet de nouvelle mairie est prévu face à l’imposante église classée du village, dont la visibilité doit être préservée. Le maire craint qu'une construction mal placée ne dissimule ce patrimoine précieux. « Nous devons trouver des solutions pour réduire les coûts et envisager de reconstruire à l’emplacement d’origine de l’édifice », conclut-il. La route s’annonce difficile pour Xavier Letchimy, qui doit jongler avec des dettes et une communauté en attente de leadership.







