Le mardi 23 juin, les parlementaires ont réussi à trouver un compromis sur une augmentation de 36 milliards d'euros du budget militaire d'ici 2030. La droite sénatoriale, bien que jugeant cette somme insuffisante, a cependant obtenu un accélérateur budgétaire plus rapide que prévu, qui pourrait monter la pression sur l'exécutif.
La discussion s'est tenue en commission mixte paritaire (CMP), où sept députés et sept sénateurs ont collaboré pour finaliser la version du texte gouvernemental, actualisant ainsi la loi de programmation militaire de 2023.
Une droite sénatoriale exigeante
Ce texte doit encore passer par l'approbation du Sénat le 30 juin, suivie de celle de l'Assemblée nationale le lendemain. Emmanuel Macron espère pouvoir le promulguer symboliquement avant le 14 juillet, fête nationale française. Le plan budgétaire adopté prévoit un total de 436 milliards d'euros d'ici 2030, permettant d'atteindre un budget militaire annuel de 76,3 milliards d'euros, représentant ainsi 2,5% du PIB.
Tandis que cette enveloppe a été validée par l'Assemblée nationale, elle a été rejetée au Sénat. La droite, qui réclamait un supplément de 14 milliards d'euros pour mieux se préparer à d'éventuelles crises, a marqué son opposition par la suppression d'un article fondamental, aboutissant à un texte sans véritable trajectoire d'investissement. Catherine Vautrin, la ministre des Armées, a par la suite travaillé à un compromis avec les parlementaires.
Le compromis final prévoit une avancée d'une partie des dépenses allouées aux années 2029 et 2030 vers 2028. Cela représenterait approximativement "1,2 milliard d'euros", selon le rapporteur Cédric Perrin (LR). Néanmoins, ce dernier a exprimé des réserves en affirmant que cela "reporte le problème à plus tard". La droite sénatoriale souhaite une augmentation des budgets au-delà des 436 milliards, ayant également sécurisé des compensations pour les armées en cas de "surcoûts liés aux opérations extérieures", ainsi que pour le remplacement de matériel perdu lors de missions.
"Il faudra faire plus et plus vite, mais ça suppose un soutien national post-présidentielle," a indiqué Jean-Louis Thiériot, représentant à l'Assemblée.
Il est bon de noter que la loi de programmation militaire (LPM), bien que non contraignante sur le papier, doit être validée chaque année lors des discussions de budget au Parlement. Une part significative des décisions d'investissement incombera donc au gouvernement élu suite à la prochaine présidentielle. Ce dernier pourrait initier sa propre loi de programmation.
"C'est une LPM de transition, pas à la hauteur, qui ne compte que pour les quelques mois qui viennent," a réagi le député RN Laurent Jacobelli.
Les parlementaires du Rassemblement National se sont abstenus lors du vote en CMP, perplexes quant à certaines formulations concernant des partenariats européens pour un nouvel avion militaire, ayant causé des suspensions de séance. Anna Pic du Parti Socialiste a confirmé que son groupe voterait en faveur d'un "ajustement budgétaire nécessaire", malgré des inquiétudes sur le financement. Les Insoumis, pour leur part, s'opposeront, avec Aurélien Saintoul signalant que les efforts budgétaires dépendront de la prochaine présidentielle.







