Attendre. Depuis le 7 février 1997, Michel Bluzet attend. Cet hiver-là, sa fille Virginie disparaît mystérieusement. Aujourd'hui, cette affaire reste non résolue, pesant lourdement sur le cœur de ce père qui souhaite comprendre les circonstances de la mort de son enfant, retrouvée sans vie cinq semaines plus tard, en bordure de Saône.
"Je voudrais bien connaître la vérité avant de partir", confie Michel Bluzet sur notre antenne ce dimanche. Près de trois décennies se sont écoulées depuis le drame, mais malgré quelques relances, l'enquête reste toujours à l'arrêt.
Virginie, alors âgée de 21 ans, avait disparu alors qu'elle se rendait à une discothèque au Creusot. Son corps a été découvert le 17 mars 1997 à Verdun-sur-le-Doubs, mutilé, menotté et bâillonné, laissant l'autopsie piégée par son flou inquiétant.
Elle fait partie d'un sinistre chapitre connu sous le nom des 'Disparues de l'A6', regroupant onze victimes de disparitions inexpliquées entre 1984 et 2005 le long de l'autoroute A6. Bien qu'aucun lien n'ait été établi entre toutes ces affaires, la plupart demeure non élucidée et certaines ont été réclamées par le pôle cold case de Nanterre.
En 1997, dès la disparition de Virginie, son compagnon Didi avait été désigné comme suspect. Cependant, en l'absence de preuves concrètes, il a été disculpé en 2002.
Plusieurs pistes toujours explorées
Le dossier a été classé avant d'être rouvert en 2010 grâce à de nouveaux éléments, sans progrès significatif. L'enquête a été redynamisée en 2020, se concentrant sur des criminels notoires comme Michel Fourniret et Pascal Jardin. En septembre 2023, la réouverture à Nanterre a ouvert la voie à des pistes prometteuses, sans oublier le rôle de Didi qui reste dans l'angle de la justice.
Récemment, de nouveaux indices ont émergé, parmi lesquels une tache de sang retrouvée sur le bâillon, suscitant un regain d'intérêt. "Il existe désormais des méthodes qui permettent de découvrir des éléments significatifs", confiait Michel Bluzet au Journal de Saône-et-Loire récemment.
Cependant, il n’hésite pas à exprimer sa frustration : "Jusqu'à présent, ça n'a pas donné grand-chose. Les résultats ADN nécessitent du temps, et nous devons encore attendre.", témoignant de son désespoir face à des décennies d'incertitude.







